mercredi 23 décembre 2009

Belgique : Mgr Léonard raconte Noël aux enfants

L’histoire d’un enfant venu sauver le monde, sur Internet


Mardi 22 décembre 2009  « Histoire d'un enfant venu sauver le monde », c'est le titre sous lequel l'évêque de Namur, Mgr André-Mutien Léonard a enregistré, sur le site de son diocèse, un clip vidéo où il « raconte Noël aux enfants ». Les « grands » aussi seront passionnés.
Les objectifs poursuivis en présentant ce clip vidéo sont multiples, explique le site namurois. Il y a bien sûr la volonté de rendre son importance à Noël.
Noël n'est pas qu'un moment privilégié  pour se faire des cadeaux ou garnir un sapin.
Pour les chrétiens d'orient comme d'occident, la date du 25 décembre est celle de la célébration de la naissance d'un enfant venu sauver le monde.
L'idée qui a conduit à cette réalisation est aussi d'aider les parents à répondre aux questions des enfants qui découvrent la crèche.
Le tournage s'est déroulé à Namur. Loren, Fabien, Pierre-Marie et Julien étudiants en dernière année à l'Institut des Arts de diffusion (IAD) ont  assuré le tournage et le montage.
Cyril, Delphine, Marie-Cécile, Ferdinand, Jacqueline, Alice et Nicolas sont les enfants sages de ce clip vidéo pour lequel l'évêque se fait conteur, un conteur qui ne manque pas d'humour...
Pour raconter cette histoire, Mgr Léonard s'est appuyé sur « Grains de Bible, 28 récits de l'ancien et du nouveau testament », paru chez Alliance biblique universelle.

Le dossier Pie XII trouble des juifs et des chrétiens

La reconnaissance de l’héroïcité des vertus du pape de la Seconde Guerre mondiale suscite de nombreuses réactions juives dans le monde, rendant délicate la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome en janvier

Après la proclamation de Pie XII comme « vénérable », samedi 19 décembre, de nombreuses personnalités et mouvements juifs expriment leur déception, voire leur incompréhension, à quelques semaines de la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome, prévue pour le 17 janvier.

Ainsi, le rabbin Marvin Hier, directeur du Centre Simon-Wiesenthal à Los Angeles, s’est dit lundi 21 décembre « abasourdi » par cette décision. Pour lui, « Pie XII s’est réfugié dans le silence » et ne s’est pas dressé contre les tyrans alors que les juifs étaient persécutés.

Le président du Congrès juif mondial, plus prudent, appelle à une poursuite du travail historique : pour Ronald Lauder, une béatification de Pie XII serait « inopportune et prématurée » tant que « les archives sur la période cruciale 1939-1945 resteront fermées et jusqu’à ce qu’un consensus sur son action – ou son inaction – concernant la persécution de millions de juifs dans l’Holocauste soit établi ». Il réclame l’ouverture « immédiate » de toutes les archives existantes, afin de dissiper les doutes qui subsistent. Sa demande rejoint celle de l’État d’Israël, qui a néanmoins exprimé son refus de s’immiscer dans un processus de béatification qui ne le « regarde pas ».

Ouverture des archives dans 5 à 6 ans

La reconnaissance des vertus de Pie XII jette aussi le trouble dans les milieux engagés dans le dialogue interreligieux. Dans un communiqué, l’Amitié judéo-chrétienne de France qualifie d’«inacceptable» la décision de Benoît XVI, qui « scandalise non seulement les autorités juives mais aussi un grand nombre de chrétiens ».

Pour l’ACJF, le problème n’est pas de savoir si Pie XII a apporté une aide directe ou indirecte pour sauver des juifs pendant la guerre, « mais l’absence de sa parole publique dénonçant le massacre des juifs » : « La vraie question est celle de la responsabilité du Pasteur suprême de l’Église catholique d’éclairer le peuple chrétien par ses enseignements, indépendamment des circonstances, au nom des exigences de la Parole de Dieu dont il est le premier interprète dans la tradition catholique ».

Vu du Vatican, la demande d’accès à la totalité des archives de la période 1939 à 1944 ne constitue pas un obstacle en soi. « Il n’y a rien à cacher », déclare ainsi le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège : « Les archivistes nous expliquent qu’ils doivent classer seize millions de feuillets, 15 000 enveloppes, 2 500 dossiers », justifie le P. Federico Lombardi. Ces archives devraient être ouvertes dans leur intégralité d’ici cinq à six ans, une fois ce travail de classement achevé.

Benoît XVI devra trouver les mots justes pour restaurer la confiance

Dans l’immédiat, le Saint-Siège veut éviter l’annulation de la visite de Benoît XVI, à la synagogue de Rome, prévue le 17 janvier. Des contacts ont été pris dans ce sens entre la communauté juive romaine, puissance invitante, et la Secrétairerie d’État. Mordechay Lewy, ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, s’est dit « confiant » pour le déroulement de cet « événement historique ».

Interrogé par une agence de presse italienne, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a estimé « la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome très importante, aussi pour la communauté juive » : « J’espère qu’elle pourra avoir lieu, explique le cardinal allemand, en charge des relations religieuses avec le judaïsme. Mais cette décision reste du ressort des juifs. Je n’ai eu connaissance d’aucune démarche visant à l’annulation de cette visite. »

Le climat de la rencontre, si elle devait être maintenue, est donné par la une de Pages juives, le bulletin de la communauté juive de Rome, publié avant l’annonce de l’ouverture de la béatification de Pie XII : le pape traverse le Tibre – la synagogue de Rome est de l’autre côté fleuve par rapport au Vatican – en équilibre sur un fil, avec deux écriteaux : sur l’un est écrit « dialogue », sur l’autre, « conversion ». De l’autre côté du fleuve se dessine la synagogue, hérissée de panneaux… contrastés : « Assez avec la prière du Vendredi saint ! », « Merci pour cette visite ! », « Souviens-toi de la Shoah ! », « Ouvrons le dialogue ! », « Enferme les négationnistes ! », « Respecte la diversité ! ». Il faudra à Benoît XVI trouver les mots justes pour restaurer une confiance entamée.

mardi 22 décembre 2009

Traditions de Noël en Europe

Traditions de Noël en Europe
On ne fête pas Noël de la même façon dans tous les pays. Chacun a ses traditions. Faisons un peu le tour de l'Europe.
Noël en France  
EN FRANCE :
Joyeux Noël
Le Père Noël vient du ciel en traîneau. Il dépose les cadeaux dans les souliers des enfants, dans la nuit du 24 au 25 décembre. Le plus souvent, on fête Noël en famille. Et on mange de la dinde et de la bûche de Noël.
 
Noël en Angleterre  
EN ANGLETERRE :
Merry Christmas
C'est Father Christmas qui apporte des cadeaux aux enfants anglais. Il passe dans la nuit du 24 au 25 décembre. Il les dépose dans des chaussettes placées au coin du feu. En Angleterre, il n'y a pas de Noël sans dinde ni plum-pudding. C'est un gâteau qui se prépare des mois à l'avance !
 
Noël en Espagne  
  EN ESPAGNE :
Feliz Navidad
Pour les espagnols, Noël est avant tout une fête religieuse. On fête la naissance de Jésus-Christ. Il n'y a pas de Père Noël. Ce sont les Rois mages qui viennent le 6 janvier mettre les jouets dans les sabots posés sur les balcons. Pour le repas de Noël, on prépare de la soupe aux amandes. Et en dessert, on mange du touron. C'est un mélange de caramel et d'amandes.
 
Noël en Belgique    
EN BELGIQUE :
Zalige Kertfeest
Saint-Nicolas vient le 6 décembre avec son âne chargé de jouets. Près de la cheminée, les enfants déposent un navet et une carotte pour l'âne. La veille, on mange souvent des spéculoos en forme de Saint-Nicolas. Ce sont de petits biscuits secs très sucrés.
 
Noël en Allemagne     
EN ALLEMAGNE :
Frohe Weihnachten
Frohliche Weihnachten
Ce sont les allemands qui ont inventé la tradition du sapin de Noël, il y a 400 ans. Dans le nord du pays, c'est St-Nicolas qui apporte les cadeaux le 6 décembre. Il descend du ciel dans une luge. Mais dans le sud, c'est le Père Noël qui récompense les enfants qui ont été sages pendant l'année. Souvent, les Allemands mangent du pain d'épices avec un petit texte écrit dessus.

Noël en Italie     
EN ITALIE :
Buon Natale
Le fête de Noël dure 3 jours, du 24 au 26 décembre. Les cadeaux sont distribués plus tard, le 6 janvier, par une vieille dame aux cheveux blancs, la sorcière Befana. On mange aussi un gâteau de Noël qui s'appelle le panneton.

Noël en Grèce    
  EN GRÈCE :
Eftihismena Christougenna
Pour les Grecs, Noël est moins important que les fêtes de Pâques. C'est saint Basile qui apporte des cadeaux aux enfants le 1er janvier, car il n'y a pas de Père Noël. Le soir, les enfants grecs vont chanter chez les voisins. En échange, ils reçoivent des friandises.
 

jeudi 17 décembre 2009

Benoît XVI redéfinit le statut du diaconat permanent

Un motu proprio publié mardi 15 décembre introduit une distinction nette entre la fonction du diacre et celle du prêtre et de l’évêque, de façon à ne pas assimiler le premier aux deux autres degrés du ministère de l’ordre

Benoît XVI précise la qualification théologique du diacre, de façon à mieux la distinguer de celle du prêtre et de l’évêque. Par un motu proprio intitulé Omnium in mentem et diffusé mardi 15 décembre par la Salle de presse du Saint-Siège, mais daté du 26 octobre, le pape modifie l’article du Code de droit canonique (1983) concernant le sacrement de l’Ordre, dissociant la définition du diaconat de celle maintenue pour l’épiscopat et le presbytérat.

En effet, jusqu’ici, le canon 1008 du Code disposait que, comme le prêtre et l’évêque, le diacre reçoit, par son ordination, les trois fonctions traditionnelles du ministère ordonné – enseignement, sanctification et gouvernement –, qu’il remplit « en la personne du Christ Chef ». Ce ne sera plus le cas pour les diacres, cette triple fonction étant désormais réservée aux prêtres et évêques.

Ce changement est-il important ? En réalité, cette petite phrase du Code, qui définissait le diacre comme agissant lui aussi « en la personne du Christ Chef », n’était pas cohérente avec le reste de la doctrine de l’Église, aussi bien du point de vue du droit que de la théologie. Agir « en la personne du Christ Chef » se rapporte en effet à l’exercice d’une responsabilité générale de gouvernement à la tête d’une communauté. Or, Vatican II, en restaurant le diaconat permanent, avait investi ce ministère d’une fonction originale de service : auprès des malades et des pauvres, voire service des finances d’une paroisse ou d’un diocèse.

Un des obstacles contre le diaconat féminin tombe

L’objectif n’était donc pas, au moment du Concile, de lui conférer la charge pastorale qui est traditionnellement celle du prêtre. Mais il y a eu une tendance, ensuite, à assimiler jusqu’à un certain point les deux ministères, du prêtre et du diacre, au nom de l’unité du sacrement de l’ordre. La rédaction du canon 1008, en 1983, est typique de cette tendance, non sans poser des problèmes de cohérence dans la mesure où elle pouvait faire du diacre une sorte de « sous-prêtre ».

Sans doute aussi la modification annoncée mardi 15 décembre répond-elle à une volonté du pape, en cette Année sacerdotale qu’il a suscitée, de marquer la spécificité du ministère presbytéral par rapport au diaconat. Et de ne pas laisser d’ambiguïté sur la place du prêtre dans l’Église, lui qui seul peut aujourd’hui exercer cet office du Christ « tête », pour reprendre l’expression utilisée par le droit canonique.

Reste que, si un jour, la question de l’admission des femmes au diaconat devait être réexaminée, ce motu proprio viendrait changer la donne : l’un des obstacles invoqués jusqu’ici contre le diaconat féminin était le fait que le sacrement de l’ordre donne la possibilité d’agir « en la personne du Christ Chef » : l’argument, qui demeure pour le ministère presbytéral (le Christ était un homme, non une femme), ne peut désormais plus valoir pour le diaconat.

La validité du mariage des débaptisés

Le motu proprio Omnium in mentem introduit une seconde modification, cette fois concernant le sacrement du mariage, quant aux empêchements d’union entre un baptisé et un non-baptisé. En effet, le Code de droit canonique précisait depuis 1983 qu’un baptisé, pour qui se marier avec un non baptisé, devait ne pas avoir « quitté l’Église par un acte formel » – une apostasie, par exemple embrasser une autre religion, ou demander à être rayé des registres de catholicité – pour que son mariage soit valide.

Or, cette clause a pu poser des problèmes techniques. Certaines personnes ont quitté formellement l’Église à un moment donné, que ce soit sous la contrainte (dans des pays où les chrétiens sont très minoritaires) ou par convenance personnelle (pour ne plus payer l’impôt ecclésiastique en Allemagne ou en Autriche), et ensuite vouloir cependant se marier à l’église.

Le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a ainsi évoqué sans plus de précision « toute une série de complications entraînées par cette clause dans les tribunaux ecclésiastiques ». Cette clause rendait aussi « difficile le retour des baptisés qui désiraient vivement contracter un nouveau mariage canonique après l’échec du précédent », a-t-il ajouté. Enfin, pour l’Église catholique, « nombre de ces mariages devenaient, de fait, des mariages clandestins aux yeux de l’Église ».

En conséquence, le mariage d’un baptisé ayant épousé un non-catholique et ayant procédé à un acte formel de rupture avec l’Église, ne pourra désormais plus être déclaré ipso facto invalide.

Benoît XVI redéfinit le statut du diaconat permanent

Un motu proprio publié mardi 15 décembre introduit une distinction nette entre la fonction du diacre et celle du prêtre et de l’évêque, de façon à ne pas assimiler le premier aux deux autres degrés du ministère de l’ordre

Benoît XVI précise la qualification théologique du diacre, de façon à mieux la distinguer de celle du prêtre et de l’évêque. Par un motu proprio intitulé Omnium in mentem et diffusé mardi 15 décembre par la Salle de presse du Saint-Siège, mais daté du 26 octobre, le pape modifie l’article du Code de droit canonique (1983) concernant le sacrement de l’Ordre, dissociant la définition du diaconat de celle maintenue pour l’épiscopat et le presbytérat.

En effet, jusqu’ici, le canon 1008 du Code disposait que, comme le prêtre et l’évêque, le diacre reçoit, par son ordination, les trois fonctions traditionnelles du ministère ordonné – enseignement, sanctification et gouvernement –, qu’il remplit « en la personne du Christ Chef ». Ce ne sera plus le cas pour les diacres, cette triple fonction étant désormais réservée aux prêtres et évêques.

Ce changement est-il important ? En réalité, cette petite phrase du Code, qui définissait le diacre comme agissant lui aussi « en la personne du Christ Chef », n’était pas cohérente avec le reste de la doctrine de l’Église, aussi bien du point de vue du droit que de la théologie. Agir « en la personne du Christ Chef » se rapporte en effet à l’exercice d’une responsabilité générale de gouvernement à la tête d’une communauté. Or, Vatican II, en restaurant le diaconat permanent, avait investi ce ministère d’une fonction originale de service : auprès des malades et des pauvres, voire service des finances d’une paroisse ou d’un diocèse.

Un des obstacles contre le diaconat féminin tombe

L’objectif n’était donc pas, au moment du Concile, de lui conférer la charge pastorale qui est traditionnellement celle du prêtre. Mais il y a eu une tendance, ensuite, à assimiler jusqu’à un certain point les deux ministères, du prêtre et du diacre, au nom de l’unité du sacrement de l’ordre. La rédaction du canon 1008, en 1983, est typique de cette tendance, non sans poser des problèmes de cohérence dans la mesure où elle pouvait faire du diacre une sorte de « sous-prêtre ».

Sans doute aussi la modification annoncée mardi 15 décembre répond-elle à une volonté du pape, en cette Année sacerdotale qu’il a suscitée, de marquer la spécificité du ministère presbytéral par rapport au diaconat. Et de ne pas laisser d’ambiguïté sur la place du prêtre dans l’Église, lui qui seul peut aujourd’hui exercer cet office du Christ « tête », pour reprendre l’expression utilisée par le droit canonique.

Reste que, si un jour, la question de l’admission des femmes au diaconat devait être réexaminée, ce motu proprio viendrait changer la donne : l’un des obstacles invoqués jusqu’ici contre le diaconat féminin était le fait que le sacrement de l’ordre donne la possibilité d’agir « en la personne du Christ Chef » : l’argument, qui demeure pour le ministère presbytéral (le Christ était un homme, non une femme), ne peut désormais plus valoir pour le diaconat.

La validité du mariage des débaptisés

Le motu proprio Omnium in mentem introduit une seconde modification, cette fois concernant le sacrement du mariage, quant aux empêchements d’union entre un baptisé et un non-baptisé. En effet, le Code de droit canonique précisait depuis 1983 qu’un baptisé, pour qui se marier avec un non baptisé, devait ne pas avoir « quitté l’Église par un acte formel » – une apostasie, par exemple embrasser une autre religion, ou demander à être rayé des registres de catholicité – pour que son mariage soit valide.

Or, cette clause a pu poser des problèmes techniques. Certaines personnes ont quitté formellement l’Église à un moment donné, que ce soit sous la contrainte (dans des pays où les chrétiens sont très minoritaires) ou par convenance personnelle (pour ne plus payer l’impôt ecclésiastique en Allemagne ou en Autriche), et ensuite vouloir cependant se marier à l’église.

Le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, a ainsi évoqué sans plus de précision « toute une série de complications entraînées par cette clause dans les tribunaux ecclésiastiques ». Cette clause rendait aussi « difficile le retour des baptisés qui désiraient vivement contracter un nouveau mariage canonique après l’échec du précédent », a-t-il ajouté. Enfin, pour l’Église catholique, « nombre de ces mariages devenaient, de fait, des mariages clandestins aux yeux de l’Église ».

En conséquence, le mariage d’un baptisé ayant épousé un non-catholique et ayant procédé à un acte formel de rupture avec l’Église, ne pourra désormais plus être déclaré ipso facto invalide.

L’Eglise catholique part à la découverte du « clergé digital »

Dans le cadre de l’Année sacerdotale, le Saint-Siège lance une enquête mondiale auprès des 408 000 prêtres sur leur usage des nouvelles technologies

Récemment, Mgr Mauro Piacenza, secrétaire de la Congrégation pour le clergé, le dicastère qui, à Rome, supervise l’Année sacerdotale, appelait les prêtres à mener une « guerre de sainteté ». Pour cela, il détaillait la « musculature intérieure » du prêtre, nourrie « de prière, de vie intérieure et de motivation profonde », pour que «l’action pastorale du prêtre soit incisive».

Parmi les moyens pour animer cette action pastorale, Internet devrait jouer un rôle croissant : « Grâce aux nouveaux médias, celui qui prêche et fait connaître le Verbe de Vie peut rejoindre avec paroles, sons et images – véritable et spécifique grammaire caractéristique de la culture digitale – des personnes individuelles et des communautés entières dans tout continent, pour créer de nouveaux espaces de connaissance et de dialogue en parvenant à proposer et à réaliser des itinéraires de communion », constatait ainsi le Conseil pontifical pour les communications sociales, qui, de manière significative, a choisi comme thème de la prochaine Journée mondiale des communications sociales, le 24 janvier 2010 : « Le prêtre et la pastorale dans le monde numérique : les nouveaux médias au service de la parole ».

Une idée plus précise du « clergé digital »

Dans les faits, cependant, ce nouveau territoire reste encore peu défriché. De nombreux prêtres à travers le monde animent des sites, des blogs ou des retraites spirituelles sur Internet. Parmi les jeunes générations sacerdotales se pose même parfois la question de l’addiction au Net, ou du moins de sa régulation.

Pour y voir plus clair, une grande enquête vient de débuter – sur Internet, naturellement ! – auprès des 408 000 prêtres catholiques du monde entier. Dénommée « Picture » (1), l’entreprise est soutenue par la Congrégation pour le clergé et accessible en ligne à tous les prêtres. Elle est menée conjointement par l’Université suisse de Lugano (Laboratoire des nouveaux médias en éducation) et l’Université pontificale de la Sainte-Croix, animée par l’Opus Dei à Rome. Disponible en six langues, le questionnaire, anonyme, veut permettre de cerner les compétences technologiques des prêtres, la nature de leurs activités sur Internet et leur utilisation des nouveaux mondes numériques.

Au vu des résultats, connus mi-2010, on devrait avoir ainsi une idée plus précise du « clergé digital », de son équipement, de ses pratiques, des logiciels utilisés. On connaîtra sa fréquence d’accès à Internet, ses lieux de connexion. Les prêtres utilisent-ils le Net pour réserver des voyages ? réduire le coût des communications ? faciliter les activités paroissiales ? présenter le message chrétien ? aller sur Facebook ? Se sentent-il submergés ou à l’aise ? Quels sites leur sont utiles ? etc. L’enquête leur demande même : « Avec combien de confrères êtes-vous en contact avec les réseaux sociaux ou MSN ? » De quoi imaginer les presbytères de demain !

mardi 15 décembre 2009

En Corée du Sud, l’Église critique la politique économique du gouvernement

Acteur historique de la démocratisation du pays, l’Église catholique reste aujourd’hui très engagée dans le domaine social


Le 28e dimanche des Droits de l’Homme, célébré le 5 décembre en Corée du Sud, a été l’occasion pour l’Église catholique de s’en prendre de front aux politiques menées par Lee Myung-bak, le président du parti conservateur élu fin 2007. La commission Justice et Paix de la Conférence des évêques catholiques de Corée, par l’intermédiaire de son président Mgr Boniface Choi Ki-san, évêque d’Incheon, a dénoncé une politique «au service des riches et des puissants, conduite au détriment des pauvres».

Un véritable coup-de-poing sur la table. La commission épiscopale conteste « les projets de développement menés à marche forcée qui se traduisent systématiquement par l’expulsion de citoyens économiquement défavorisés ». Elle dénonce en particulier les expulsions du quartier de Yongsan, à Séoul, où des affrontements très violents entre habitants et police avaient fait six morts en janvier dernier.

«Si nous estimons que la dignité humaine est bafouée, alors nous devons intervenir»

Autre cible de la colère de Mgr Choi, le projet imposant de réhabilitation de quatre fleuves du pays, d’un budget de plus de 10 milliards d’euros, accusé de détruire l’environnement et de profiter exclusivement aux grandes entreprises nationales de construction, parmi lesquelles figure Hyundai, le conglomérat autrefois dirigé par… l’actuel président. « Issu du monde de l’entreprise, Lee Myung-bak a fait réduire les impôts sur les grandes sociétés, tout en diminuant les aides sociales », accuse le P. Hugo Park Cheong-woo, secrétaire général de Justice et Paix.

Des reproches révélateurs du rôle joué aujourd’hui par l’Église catholique en Corée. Actrice historique majeure du processus de démocratisation du pays, elle s’était ensuite mise progressivement en retrait, jusqu’à ce que le durcissement de la politique de Lee Myung-bak ne change la situation.

« Nous ne souhaitons pas intervenir directement sur la scène politique, ce n’est pas notre rôle, précise le P. Park. Mais si nous voyons un problème moral dans des choix politiques, et si nous estimons que la dignité humaine est bafouée, alors nous devons intervenir. »

«L'Église touche un nombre considérable de personnes»

Ces prises de position ne sont pas le seul outil utilisé par l’Église pour faire entendre sa voix : des messes sont ainsi célébrées quotidiennement à Yongsan, le quartier voué à la reconstruction. D’autres ont été organisées sur les sites de construction des projets controversés. De nombreux prêtres se sont joints aux manifestations des bouddhistes coréens qui ont accusé Lee Myung-bak, protestant fervent, de favoriser les communautés protestantes au détriment des autres confessions.

Plus généralement, si l’Église parvient à faire entendre sa voix au-delà de la communauté catholique (5 millions de Sud-Coréens, soit 10% de la population), c’est grâce à la légitimité acquise lors de la lutte contre les dictatures, mais aussi « grâce aux nombreuses actions sociales menées par les catholiques sur le terrain », estime le P. Michel Roncin, prêtre des Missions étrangères de Paris, qui vit en Corée depuis plus de trente ans. Une aide discrète, sans publicité : « L’Église est très présente dans les quartiers, auprès des pauvres de chaque secteur. Elle touche un nombre considérable de personnes », précise le P. Michel.

Les exemples ne manquent pas. La clinique Raphaël, au nord de Séoul, accueille en consultation gratuite les immigrés qui affluent toujours plus nombreux en Corée. Fondée par des catholiques, docteurs d’université qui ont réussi à mobiliser leurs étudiants, la clinique est soutenue par l’Église et ouvre tous les dimanches.

Saisir en profondeur les problèmes qui agitent la société

Quelques kilomètres plus loin, dans le centre d’accueil de la Pastorale des travailleurs, le P. Michel reçoit quotidiennement des migrants, la plupart en situation irrégulière : 700 par an, en moyenne, y viennent pour trouver une solution à leurs problèmes d’adaptation, de santé, et d’abus dont ils sont victimes.

Au sud de Séoul, le bidonville de Guryonsan est l’un des derniers de la capitale. 1 200 familles s’y entassent, dans des conditions insalubres et sous la menace de futures expulsions. Deux religieuses ont choisi de venir vivre parmi ces exclus et y donnent des cours de soutien scolaire aux enfants, une aide capitale dans un pays où la réussite sociale passe avant tout par la réussite scolaire.

Aide aux plus défavorisés, aux prisonniers, aux opprimés : ces actions ne sont que quelques exemples parmi toutes celles qui permettent aux catholiques coréens de saisir en profondeur les problèmes qui agitent leur société, et de hausser le ton lorsqu’ils estiment que c’est nécessaire.